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Nature et Environnement

Installation de pigeonniers dans les parcs municipaux de la ville de Talence.


Objectif :

Réhabiliter le pigeon tout en l'empêchant de se sur-reproduire dans l'espace public


Description :

Les pigeons bisets vivent au plus près de l’homme et ce depuis l’Antiquité, quand les Grecs les ont capturés en montagnes pour en faire de l’élevage (chair, œufs, compost de fientes et éventuellement porteurs de messages). Ils ont une longévité d’environ 15 ans, forment un couple durable et produisent jusqu’à 7 pontes par an. Des siècles durant, des pigeons ont été élevés en ville pour leur chair et leurs œufs et jusqu’à la guerre de 14-18, les pigeons ont été utiles en tant que messagerie volante, avant le développement des transmissions par télégraphie et téléphonie. Les pigeons sont depuis perçus comme des « rats du ciel » et comme une nuisance potentiellement dangereuse pour la santé humaine. Pourquoi ? Les émissions de fientes odorantes porteuses de particules allergènes ; Ils pourraient véhiculer des maladies respiratoires transmissibles à l’homme. Leurs nids pourraient attirer rats et insectes, lesquels transmettraient des maladies ; Ils occasionnent des nuisances sonores sur les toits des habitations ;  L’acidité de leurs fientes dégraderait les monuments.

Qu’en est-il réellement ?  Les pigeons, essentiellement granivores, ne voient leur réputation ternie que parce que l’article 120 d’un règlement sanitaire datant de 1979 interdit de les nourrir et les condamne donc à traîner dans les caniveaux sales à la recherche de n’importe quelle nourriture (y compris les vomissures alcoolisées laissées en plan sur les trottoirs). Malgré ces conditions de survie relevant d’un acte de cruauté, les pigeons ne sont porteurs d’aucune maladie transmissible aux humains, du moins pas plus que toute autre population d'oiseaux. Ceci est scientifiquement prouvé. (Voir Bulletin de la Direction des Services Vétérinaires de PARIS de 1997 et les témoignages de professionnels notoires, dont celui du Dr de VAILLY).

Quelles solutions peuvent être apportées ? Plusieurs villes de France, dont Paris, ont opté avec succès pour l’installation de pigeonniers pouvant contenir jusqu’à 200 individus dans des parcs municipaux.

Avantages :

 Recevant quotidiennement une nourriture saine et de l'eau propre, ils sont en excellente santé et donc plus résistants aux maladies.

 Nourris exclusivement de graines, leurs fientes ne sont plus acides et ne dégradent pas les bâtiments.

 N’étant plus affamés ils ne recourent plus à la dissémination des ordures pour se nourrir.

 Ils ne nichent plus dans les résidences alentours et ne dérangent plus les habitants.

 Lorsqu’un pigeon malade est repéré il est écarté du pigeonnier par les services vétérinaires pour être diagnostiqué et soigné si possible avant d’être réintroduit.

 Le ramassage régulier des fientes permet à la municipalité d’entretenir ses plantations avec un excellent compost.

 Il est possible de contrôler leur population en réduisant leur reproduction, par exemple en ne leur laissant à couver que les œufs de leur première ponte (1 seule couvée sur 7 annuelles en moyenne = 7 fois moins de pigeons).

N’oublions pas que toute espèce menacée ou précarisée dans ses conditions de vie a tendance à se sur-reproduire pour pérenniser sa descendance. Quand le pigeon se nourrit sur des espaces verts et dans les vignes sans être chassé ou menacé, il s'autorégule naturellement et un groupe ne dépasse pas la cinquantaine d'individus sur plusieurs décennies. N’y a t-il pas d’autres solutions pour limiter les populations de pigeons en ville ?  Si, mais elles sont onéreuses comme la fauconnerie, le piégeage, la destruction de nids et des couvées, la pose de grilles pour empêcher l’accès aux toitures, la stérilisation ou l’euthanasie. D’autres solutions sont aussi potentiellement dangereuses pour l’homme, le chat et le chien voire des espèces charognardes qui consommeraient le cadavre d’un pigeon malade ou empoisonné ou la contamination d’un réservoir d’eau dans lequel échouerait le cadavre d’un pigeon malade ou empoisonné.

Quel type de pigeonniers peuvent être installés, où et comment ? La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) a conseillé plusieurs mairies de France dans l’installation de tels équipements.

1.Coût de fabrication ou pose de pigeonniers préfabriqués ? La construction ou l'aménagement des pigeonniers pourrait être éventuellement réalisés par des employés municipaux, par des personnes sous contrat d’insertion, des bénévoles ou par des sociétés spécialisées. L'utilisation de locaux désaffectés, limités à un aménagement intérieur, serait d'un moindre coût.

2.Implantations Les pigeonniers doivent être situés dans des endroits calmes de préférence, et entourés d'arbres. II ne doit pas être trop éloigné de la population humaine. L'orientation la plus favorable est en général le sud-est. Selon l'endroit choisi, il est nécessaire de trouver des solutions adaptées pour répondre aux besoins d'air, de soleil, de chaleur, et d'espace des pigeons qui doit être suffisant, sans quoi ils rechercheraient un abris ailleurs.

3.Installation des pigeons La capture, moyen simple et peu onéreux consiste à mettre en place de la nourriture dans une cage de trappage. Une centaine de pigeons ainsi attirés sont enfermés pendant un mois dans le pigeonnier dont les ouvertures sont temporairement grillagées. Après cette période d'adaptation, les grillages seront enlevés des ouvertures. Les pigeons sortiront, et reviendront accompagnés des pigeons du quartier non capturés.

4.Entretien du pigeonnier L'entretien du pigeonnier pourrait être réalisé par des employés du service d'hygiène ou par les jardiniers de la commune. II ne requiert pas de compétences spéciales, exige peu de temps et consiste à faire un passage tous les 2 ou 3 jours pour assurer la distribution de l'eau et de la nourriture (selon les capacités de l'abreuvoir et de la mangeoire), un nettoyage des lieux, et le remplacement de la paille souillée. II est aussi souhaitable d'ajouter quelques petits récipients de sable. Le manque de nourriture peut provoquer un retour des pigeons sur d'anciens lieux. Un nettoyage complet avec désinfection 2 fois par an au minimum. Une observation de l'évolution de la population animale dans le pigeonnier, et de son état de santé. La régulation de la population par ramassage des œufs tous les 10 jours avec remplacement par des œufs factices.

Ce projet s’appuie sur les 3 piliers du développement durable. Le pilier économique : outre que la fabrication des pigeonniers peut ne rien coûter s’ils sont constitués de matériaux recyclés, ce dispositif permettrait à terme de faire des économies en stérilisations, pose de dispositifs de protection pour les bâtiments contre la nidification, la destruction des nids et le nettoyage des façades. Le pilier sociétal : ce projet dans sa gestion courante pourrait aboutir à la création d’emploi par contrat d’insertion. Il peut aussi rassurer une population phobique des pigeons et la prémunir de la dissémination de virus aviaires. Le pilier environnemental : outre la préservation du pigeon lui-même, le projet permettrait la préservation de la biodiversité (en réduisant la concurrence alimentaire et de surface de nidification inter-espèces) avec une reproduction maîtrisée, le contrôle de la santé des pigeons et aussi de ne plus employer de produits toxiques pour réhabiliter les façades des bâtiments et monuments. Je pense que ce projet, s’il n’était pas voté au budget participatif reste quand même une opportunité à saisir pour régler de manière écologique le problème causé par le pigeon en grand nombre dans un milieu urbain et de faire de Talence une commune exemplaire en matière de développement durable.


Montant estimé (€) :

51000 €


Projets non retenus
Créé il y a 3 ans par Murielle Desrois 7